07 octobre 2009

La ville côtière de Rizhao reçoit le prix ONU-Habitat





Lundi dernier, lors d'une cérémonie officielle organisée à Washington, les représentants de la ville de Rizhao, dans la province du Shandong, se voyaient remettre le prix ONU-Habitat du World Habitat Day en récompense des efforts consentis en matière d'urbanisme durable. Ville d'environ 2,8 millions d'habitants, Rizhao a su mettre à profit les opportunités offertes à partir de la fin des années 1980 par le gouvernement chinois, grâce à la fois à son statut de ville côtière ouverte et à son intégration dans la zone de développement de la péninsule du Shandong. Il est frappant de constater à quel point certaines villes côtières sortent du lot en ce qui concerne la prise en compte de l'environnement et de la qualité de vie ; on pense bien entendu à Dalian, dans la province du Liaoning, qui a su poursuivre la dynamique initiée par son ancien maire, Bo Xilai, aujourd'hui figure politique de premier plan au niveau national. Pour Rizhao, le prix décerné par ONU-Habitat vient confirmer une reconnaissance nationale et internationale établie au fur et à mesure des récompenses attribuées pour divers projets : le China Human Habitat Award en 2006 et le World Clean Energy Award en 2007.

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21 juillet 2009

Shanghai 2010 : Quels futurs urbains pour la Chine ?


La place de la Chine dans le mode a beaucoup changé. Aujourd’hui, les choix effectués par la Chine sont sans cesse commentés, analysés, critiqués. La raison ? La Chine est entrée dans un processus de développement dont la vitesse et l’ampleur possède un impact évident sur le monde. En particulier, le processus d’urbanisation – l’un des plus importants au monde avec un taux de croissance de 4% par an – cristallise de nombreux enjeux.

Alors que pendant de nombreuses années, seuls les experts internationaux spécialistes de la Chine interrogeaient le devenir des villes chinoises, aujourd’hui, le grand public est sensibilisé à la question urbaine en Chine. De ce point de vue, l’année 2008 a été un tournant décisif avec la préparation des Jeux Olympiques à Pékin. Les médias du monde entier ont montré une capitale chinoise transfigurée par les grands travaux urbains et une métropole moderne bien que fragilisée par de nombreux problèmes comme la gestion du patrimoine ou les problèmes de la régulation de la circulation.

Plus que jamais le monde s’interroge sur les choix urbanistiques que la Chine est en train d’effectuer. Le grand public est de plus en plus sensible aux analyses prospectives que peuvent fournir les experts internationaux de la Chine. L’Exposition universelle à Shanghai en 2010 est ainsi un rendez-vous très attendu : parce que la Chine a choisi de traiter des questions urbaines, le message qu’elle proposera au monde sera écouté avec beaucoup d’attention.

Aussi est-il nécessaire de veiller à la teneur de ce message qui sera exprimé dans le pavillon chinois. Les analyses qui suivent devraient aider à comprendre ce que sont les attentes du monde sur le sujet du développement urbain en Chine et aider à identifier des pistes de réponses en ce qui concerne les futurs urbains possibles. Elles sont extraites d'une consultation en ligne menée en mai 2009 à la demande du bureau d'organisation du Pavillon chinois de l'Exposition universelle Shanghai 2010.


1 – LES PERCEPTIONS

La Chine est un laboratoire en matière d’urbanisme

La forte croissance urbaine en Chine et la rapidité des changements apportés avec les réformes représentent une véritable opportunité pour produire des villes de qualité :

"China is in a unique position to construct its future cities. The current level of urbanization is low on a world scale and is likely to increase. In the existing major cities there is a capability now to build the public infrastructure that will support growth, and that infrastructure will shape the future -- the mix of densities; the reliance on various methods of transport; the extent and location of health, education, and other services; the degree of mixing or separation of social classes. The economic efficiency of the city, its environmental quality and impact, and quality of life for all residents are at stake", John Logan

Ce contexte fait également des villes chinoises des laboratoires non seulement pour la Chine mais pour d’autres pays à travers le monde qui peuvent s’inspirer de ce qui émerge en Chine :

"China has become a kind of laboratory for urbanism and architecture, which is why it so excites urbanists the world over. This affords us the opportunity to test new ways of city building, to develop bold new strategies for urban settlement", Thomas Campanella

Une véritable culture urbaine qui valorise la densité

Pour la plupart des experts, la Chine ne part pas de rien en matière d’urbanisation ; elle possède au contraire un héritage urbain historique. Même si la Chine est un pays essentiellement rural, la ville est un élément essentiel de la civilisation. Cette culture urbaine est avant tout caractérisée par la notion de densité.

"The Chinese city of tomorrow (in the next 2-3 decades or so) will be dense (high) and green", Marco Keiner

Ce rapport à la densité rapproche d’ailleurs la Chine des vieilles civilisations urbaines comme l’Europe et la distingue des pays neufs comme les Etats-Unis :

"China is also not afraid of the city, not burdened with a legacy of anti-urbanism the way Americans have long been. Density is something deeply ingrained in Chinese culture, even in the countryside you see compact villages and town centers that are denser than Manhattan", Thomas Campanella

La capacité des villes chinoises à se réinventer

Pour la plupart des experts, les villes chinoises sont dans une phase de transition ; il y a certes des problèmes évidents de gestion et de développement mais il semblerait que le passage à une situation mieux maîtrisée et plus équilibrée se produit plus rapidement qu’ailleurs :

"La grande question à mes yeux est le passage des méthodes actuelles d'urbanisation, assez frustes (la planification par zoning assez brutale, l'ignorance de l'héritage, le peu de souci de durabilité) à des méthodes incluant d'autres objectifs et animées d'autres procédures. J'ai la conviction que la transition sera plus rapide qu'elle ne le fut chez nous, et vers d'autres perspectives", Michel Savy

Dans ce contexte de transition, on notera en particulier la capacité à apporter des améliorations sensibles provoquant une réinvention en permanence des villes chinoises, quitte à induire des transformations radicales :

"Il va falloir réadapter des villes à peine construites !", Michel Savy

C’est également cette capacité à se réinventer qui fait de la ville chinoise un laboratoire intéressant :

"One of the defining characteristics of Chinese urbanism is a fearless embrace of the new, a willingness to experiment, to implement schemes considered too radical to be built anywhere else (except maybe Dubai)", Thomas Campanella

La ville chinoise de demain doit être une invention avant tout chinoise

Les experts interrogés insistent tous sur la nécessité pour la Chine d’inventer le futur de ses villes ; il ne s’agit d’appliquer tel quel des concepts ou des modèles mais bien de chercher à adapter :

"Of course, such a city with a harmonious society, it must be an indigenous vision rather than somethinh imported", Wu Fulong

"I wouldn't focus so much on eco- or digital- or any other single prefix. It is the capacity to determine the mix of all these prefixes that is unique in the Chinese case", John Logan

2 – LES VISIONS POUR LE FUTUR

Une ville plus durable

Beaucoup d’observateurs reconnaissent que les enjeux environnementaux sont les plus importants auxquels la Chine d’aujourd’hui doit faire face. C’est d’ailleurs l’une des grandes critiques que l’Occident porte à l’encontre de la Chine : l’OMS place régulièrement dans ses rapports les villes chinoises en tête des villes les plus polluées au monde.

Les experts interrogés sont la plupart très sensibles à cette question environnementale. Certains pensent que la mauvaise prise en compte des questions énergétiques aujourd’hui aura un impact sur la ville du futur :

"(The city of tomorrow) will be still unsustainable since alternative energy sources won't be taken sufficiently into account", Marco Keiner

En particulier, certains voient comme une dynamique regrettable le développement d’un système automobile en Chine comparable à celui des Etats-Unis :

"China is also replicating many of the errors of the West in terms of, for example, embracing the automobile and building highways on a scale comparable to the United States in the 1950s", Thomas Campanella

Malgré les critiques face à une situation environnementale perçue aujourd’hui comme difficile, la plupart des experts veulent imaginer une ville du futur plus durable sur le plan environnemental. Pour certains, la ville durable reste encore à inventer en Chine, bien loin du projet déformé de Dongtan :

"It would be a paradigm shift if a zero-carbon city or a city more independent from coal (and later nuclear power) energy sources would be replaced by solar energy", Marco Keiner

"China might also help crack the nut of true urban sustainability--not with much-ballyhooed big projects like the stalled Chongming Island/Dongtang City scheme--but on the modest scale of affordable residential solar water and electrics, windpower, recycling and so forth", Thomas Campanella

En particulier, cette durabilité passe par des pratiques existantes propres à la Chine qui permettent une diffusion rapide de solutions environnementales et économes en énergie :

"China currently has the largest installed base in the world of solar water heaters, and in many cities you can see the individual rooftop units by the thousands on urban rooftops. They are available at the equivalent of Home Depot, displayed out front the way lawnmowers and barbeque stoves are in such stores in the US", Thomas Campanella

Le principal défi identifié est la difficulté pour la Chine de diffuser les bonnes pratiques du développement durable des villes nouvelles ou quartiers écologiques aux villes existantes :

"Ecocity (for ex. Dongtan): this is still in an experimental phase, the ambitious goal will not be achieved and the concept will most probably not be transferred to existing big cities", Marco Keiner

En comparaison de modèles de développement urbain qui ont vu le jour en d’autres lieux et à d’autres époques, un expert imagine que la durabilité dans la ville chinoise de demain réside dans son hyper-efficacité :

"I think that a future we shall see pioneered in Shanghai and other Chinese cities is that of hyper-efficiency in the use of resources. This is not the same as the Ecocity model because that is driven by planet-saving ideology and government intervention. The City of Hyper-efficiency will be come about due to normal market forces in a world of 9.5 billion people where getting more for less will be what every business and individual seeks to do. In this way Shanghai, as a great commercial centre, will be no different from Manchester in 1840, where steam cotton mills replaced hand loom weavers and transformed efficiency – but only to 19th century levels. By about 2040 or 2060 Shanghai, in use of water, energy, industrial commodities and food imports, will demonstrate efficiencies that the world has never before seen. It will be a 'hyper-city'. What does this mean for ordinary families. Residents in some towns in England grow food and flowers in small plots of land called 'allotment's. So do the Dutch. But in high density cities this might be done indoors in apartments. Just as some people now (illegally) devote space in their houses to growing marijuana, why should not people in the future Shanghai grow vegetables, using hydroponic cultivation, on their balconies, on their roofs and even inside their flats? (Examples of this can been seen in Cuba). 'Hyper-city will, in this and many other ways, need fewer deliveries and depend less on food imports than the cities of today. In Europe and America greater efficiency was a key difference between the cities of the 18th and 19th centuries. So it was again the century that followed. Utopia in China in the 21st century will see efficiencies ten, twenty or thirty times higher", Terence Bendixson

Une ville de la mixité sociale

La place des individus dans la ville intéresse beaucoup les experts interrogés. Certains pensent que la ville chinoise de demain pourrait malheureusement ressembler à certaines villes occidentales, très ségrégées :

"It will be selective and exclusive, not allowing for low-income groups to stay", Marco Keiner

Certains experts préconisent de lutter fortement contre ses formes émergentes de ségrégation, essentiellement parce qu’ils pensent que la ville chinoise peut devenir un espace d’interaction et de mixité :

"Ideally the Chinese city of tomorrow will retain a vibrant connection with its people and their cultures. In the case of China, this means respecting and incorporating traditional design elements into new projects, rather than trying to construct iconic structures. Chinese cities are containers for huge populations, many absorbed from outside the city, and this makes an uneasy trade off between public security and openness. Nevertheless, barricades and walls should be reserved for historical attraction", Michael Keane

Pour certains experts la tendance à la ségrégation et au morcellement de l’espace urbain est à rechercher dans les modalités de gestion du sol urbain et les dynamiques de la promotion foncière :

"Je crois que la particularité des villes chinoises est que la ville continue à se faire par elle-même. C'est-à-dire que souvent, malgré une politique de zoning assez forte, et une planification de quartiers/villes nouvelles qui ne comptent que peu de mixité, il y a suffisamment de petit entreprenariat qui permet de développer des commerces, restaurants etc. à proximité et maintenir un tissu urbain mixte et vivant. Je pense que ce n’est pas uniquement une question de « développement », car on voit l’existence de cette mixité au Japon, à Taipei ou encore à Hong Kong, donc je pense que ça tient plus d’une caractéristique asiatique. Néanmoins, si les villes continuent à vendre de très grandes parcelles à des promoteurs, le morcellement urbain sera inévitable, tout comme le développement de très grands projets urbains privés ou publics privés d’urbanité. Je vois donc la ville chinoise entre ces deux tensions, entre plus ou moins de mixité", Béatrice Ferrari

Cette recherché de mixité passe avant tout par l’apparition de véritables espaces publics qui permettent l’échange, la rencontre, la création et qui exoriment un nouveau rapport à la ville :

"The cities should have more public spaces in which people, technology and culture interact, not just public parks but spaces that use smart technology and design in interesting ways", Michael Keane

"Ce que l’on peut observer aussi aujourd’hui c’est le développement d’espaces publics qui sont à la fois commerciaux (développés par un promoteur) et perméables ou semi-perméables avec le tissu urbain environnant (je pense par exemple à The Village à Pékin). C’est un projet intéressant dans la mesure où il montre un intérêt croissant pour l’espace public, qui n’est pas simplement considéré comme un résidu. Evidemment ce n'est peut-être pas l'exemple le plus réussi d'espace public, mais à mon avis il montre de quelle manière va s'articuler l'espace public "de transition", c'est à dire ces espaces qui ne sont pas simplement des espaces de proximité (près de chez soi, du travail, etc.) mais des espaces qui dénotent un changement des pratiques urbaines, avec une pratique plus intense et variée de la ville et le développement d'espaces de loisirs", Béatrice Ferrari

Une ville proche de la campagne

Pour de nombreux experts, l’importance du monde rural en Chine imprègne les villes chinoises d’aujourd’hui, essentiellement parce que l’urbanisation passe par la mutation des campagnes. Cela constitue un enjeu majeur des politiques publiques en Chine aujourd’hui :

"The urbanization of the countryside is the phenomenon that may most distinguish China from past urban forms. I suspect that China will have to achieve a transformation of the rural-urban divide in order to maintain social harmony, and that will have to be done while keeping a large share of the rural population near their current homelands", John Logan

C’est certainement dans le traitement des rapports villes-campagnes et dans les modalités de l’urbanisation des campagnes que réside l’une des caractéristiques importantes de la ville chinoise de demain. Les impacts sont avant tout sur les formes urbaines avec l’émergence de nombreuses régions urbaines :

"The Chinese city interacts with its fringes: in the case of Shanghai it is more a city region: it has a centre but this should retain harmony with its fringes and avoid turning these into industrial zones and places where itinerants go", Michael Keane

Surtout, l’impact se trouvera dans la façon dont les petites villes parviendront à se développer et à apporter la qualité de vie nécessaire à leurs habitants. Cela passe par un réseau urbain plus équilibré qui ne s’appuie pas que sur les mégapoles de la façade littorale :

"The hardest challenge is to imagine a future hierarchy of places, where former small towns, county seats and provincial capitals can contribute more to the national economy and offer a higher quality of life -- rather than depending only on the coastal metropolitan systems", John Logan

Une ville entre passé et futur

L’une des questions qui semblent le plus difficile à traiter lorsqu’il s’agit d’imaginer les futurs urbains en Chine, c’est la question de l’identité culturelle. Pour certains, plutôt pessimistes, la ville chinoise de demain sera à l’image de la caricature de la ville américaine :

"It will be the same US/Dubai style as any other postmodern city. The typical traditional Chinese settlement patterns will disappear with the radical refurbishment of the city (…)The Chinese city will be as uniform as the US ones, having a high-rise CBD with some landmarks, car-dependency with broad avenues and still high-toxic industrial production sites on its edges", Marco Keiner

Des experts veulent imaginer une ville chinoise qui, dans le futur, parviendra à allier les éléments marqueurs de la modernité et les héritages divers de la culture chinoise :

"The city should be a place where the past and the future meet. By this I mean interesting and creative uses of technology, design and new media can re-present the culture of the past. Good use of the elements of Chinese traditional medicine should be incorporated in urban regeneration: the vessels that bring life to the body are the streets and waterways", Michael Keane

Cette alchimie entre modernité et tradition se joue essentiellement dans la production des formes urbaines – par les architectes et les urbanistes – mais également dans la façon dont les citadins parviendront à s’approprier la ville :

"Les villes chinoises auraient tout à y gagner si elles se développaient non pas en rupture mais plutôt en continuité avec ce qui s’est fait dans le passé. Je ne pense pas uniquement aux anciens quartiers bien sur, mais aussi aux quartiers communistes de Pékin par exemple, qui avaient une structuration des espaces privés/publics (et tout ce qu’il y a entre les deux) très intéressante, et un réseau de routes et de rues arborisées, avec une échelle humaine et agréable pour le piéton. Par ailleurs, il y a des projets résidentiels existants qui sont très intéressants de ce point de vue, et qui offrent des espaces privé/semi-privés, tout en gardant une perméabilité avec le tissu urbain. Je pense que le caractère chinois des villes pourrait venir précisément par le maintien de continuités spatiales et humaines (au niveau des pratiques)", Béatrice Ferrari


Source : Jean-François Doulet, Que peut-on attendre des villes chinoises ? Comment des experts du monde entier imaginent les villes chinoises de demain, rapport pour le bureau d'organisation du Pavillon chinois de l'Exposition universelle Shanghai 2010, juin 2009

Pour obtenir une copie du rapport, envoyez un email à info@villeschinoises.com

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04 juin 2009

Le dernier numéro du bulletin Villes en développement sur le Forum urbain mondial de Nankin


Le bulletin de l'ISTED consacre son dernier numéro au Forum urbain mondial qui s'est tenu à Nankin au début du mois de novembre dernier. L'occasion de décrypter les tendances du développement des villes de demain, de revenir sur la notion "d'urbanisation harmonieuse", d'interroger les qualités d'un modèle urbain chinois et de commenter l'enseignement de l'urbanisme en Chine. Sur ce dernier point, on appréciera la contribution de Zou Huan et Liu Jian, deux enseignants-chercheurs francophones de l'université de Tsinghua à Pékin qu'on n'a que trop peu l'occasion de lire en français.

Pour télécharger le numéro 84 de Villes en développement, cliquez ici.

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Comment les TIC participent à l'apprentissage de la mobilité urbaine en Chine


La diffusion rapide des outils de communication mobiles ainsi que l'engouement pour les services du Net accompagnent l'apprentissage de la mobilité urbaine en Chine, en particulier l'usage de l'automobile. Un article récemment paru dans l'ouvrage Living the information society in Asia livre les résultats d'études menées par l'équipe usages de l'unité de R&D de France Télécom à Pékin entre 2005 et 2007. On y apprend en particulier l'enthousiasme avec lequel les internautes chinois participent à des sorties de week-end avec d'autres internautes ou bien échangent conseils et astuces dans des communautés automobiles en ligne.

Si vous êtes intéressé par l'article "Becoming Mobile in Contemporary Urban China. How Increasing ICT Usage is Reformulating the Spatial Dimension of Sociability" de Jean-François Doulet et Shang Dan, envoyez un email à l'adresse suivante : info@villeschinoises.com

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22 avril 2009

La mode du "Vélib" dans les métropoles chinoises : la renaissance du vélo

Après des tatônnements incertains au début des années 2000, la location de vélos en ville prend aujourd'hui son envol en Chine, comme le montre un rapport d'intelligence économique sorti ce mois-ci.

Soucieux d'affirmer son intérêt pour ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui en Chine la "mobilité verte" (lüse chuxing), le gouvernement de Pékin a suscité de nombreuses initiatives privées pour la mise en place de services de location de vélo au moment où il décidait d'imposer une circulation automobile alternée à l'occasion de la préparation des Jeux Olympiques. Certaines initiatives se limitent à la desserte d'un quartier, comme celui de l'université Tsinghua, avec la nécessité de rendre le vélo au même endroit.

D'autres sont plus ambitieuses. C'est le cas de la société Fortune Bicycle qui a lancé son service en juillet 2008, peu avant les Jeux Olympiques, en établissant d'emblée un réseau de points de locations. Un représentant de la société que nous avons contacté affirme qu'aujourd'hui Fortune Bicycle gère 25 000 véhicules et plus de 1 000 points de locations dans la ville (voir photo). La carte des points de location, qui fait aujourd'hui cruellement défaut, devrait bientôt voir le jour.


Plus avancée que Pékin, et peut-être la nouvelle figure de prou du vélo en libre-service en Chine, la ville de Hangzhou continue d'étendre son service qui ressemble à s'y méprendre à celui conçu par la filiale de JC Decaux, Cyclocity, pour les villes françaises. Ce système quasi gratuit, géré par les autorités municipales et intégré à l'offre publique en transport en commun - on réserve son véhicule avec sa carte de transport - fêtera son premier anniversaire début mai. Sur le modèle du Vélib parisien, une carte en mashup permet de localiser les stations (voir ci-dessous).


Alors que la fin des années 1990 avait été marquée par la mise à mort du vélo comme mode de transport quotidien, la fin des années 2000 le voit renaître de ses cendres. Dix ans seulement pour une renaissance...Combien dans les métropoles de la vieille Europe ?

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08 avril 2009

Crise économique mondiale en Chine : la réponse par les villes

La crise économique mondiale a profondément touché la Chine (le taux de croissance est descendu sous la barre des 9%) ; à travers son plan de soutien à la croissance (environ 460 milliards d’euros), le gouvernement chinois a décidé de confirmer le tournant stratégique qui depuis quelques années est en train de refaçonner la structure économique du pays et de confirmer la montée en valeur des fonctions urbaines…



La crise économique en Chine est avant tout la crise d’un modèle de croissance…ou de développement

La Chine s’est affirmée comme puissance économique en valorisant le faible coût de sa main d’œuvre. Devenue « l’atelier du monde », elle a réussi à accumuler plusieurs succès : un taux de croissance à deux chiffres ; la première destination des Investissements directs étrangers (IDE) dans les pays en développement (essentiellement les unités de production délocalisées des multinationales) ; la deuxième place comme puissance exportatrice (les exportations représentent plus d’un tiers du PIB chinois) ; l’une des principales réserves de devises au monde (plus de 1 200 milliards de dollars d’actifs) ; une augmentation rapide du revenu par tête, etc. Ces éléments du succès économique chinois ont rapidement trouvé leurs limites : un taux de croissance relativement modeste face aux besoins en termes d’emploi, une structure industrielle relativement peu performante, une attractivité des IDE relativement faible par rapport à la population totale, des inégalités socioéconomiques croissantes, etc. La crise a révélé ces failles, elle a aussi permis de pointer les mutations en cours qui s’opèrent en faveur d’une nouvelle économie urbaine.


Mutation 1 – La métropolisation des activités économiques ou la consolidation des « régions gagnantes » en Chine

Le plan de relance chinois qui mise en partie sur des investissements publics dans les infrastructures (en particulier, de transport) poursuit une tendance remarquée dès les années 1990 comme un des piliers du succès du modèle d’urbanisation chinois. Les métropoles, mieux équipées, deviennent plus attractives offrant de nombreuses externalités positives aux entreprises du monde entier. D’importantes régions urbaines dynamiques émergent qui vont peser de plus en plus dans les réseaux productifs mondiaux ; chacune concentrera et la population (plusieurs dizaines de millions d’habitants chacune) et le capital : le delta de la rivière des Perles, Shanghai et le delta du Changjiang, la conurbation Pékin-Tianjin, etc., pour ne citer que les plus importantes. Le poids croissant de ces régions urbaines marque également le creusement du fossé entre l’est et l’ouest du pays et entre la ville et la campagne. S’achemine-t-on vers un schéma territorial « d’archipel » constitué d’espaces métropolitains séparés par des espaces peu dynamiques, un « désert chinois » en quelque sorte ?


Mutation 2 – Du « made in China » au « created in China » ou comment la Chine fait son entrée dans l’économie de la connaissance

La Chine, lasse de son image « d’atelier du monde », souhaite remonter la chaîne de la valeur ajoutée en misant sur les nouvelles technologies, la recherche et les industries créatives. Une amélioration globale de la qualité de l’éducation, en particulier dans le supérieur, a pour conséquence une meilleure qualification de la main d’œuvre chinoise. Des investissements colossaux accordés à des programmes de recherche dans les nouvelles technologies – dans le véhicule électrique par exemple – devraient permettre à la Chine de se positionner comme leader mondial. Le dynamisme des industries créatives en Chine transforme les métropoles chinoises en de nouveaux lieux de l’innovation et de la création amenés à compter dans le monde de demain. Les villes chinoises sont-t-elles en passe de devenir les Berlin, Paris, Milan ou San Francisco du 21e siècle ?


Mutation 3 – Le nouveau « nouveau contrat social » ou comment la Chine souhaite stimuler la croissance par la consommation intérieure

La Chine cherche aujourd’hui à soutenir sa croissance économique par la consommation intérieure. Cet exercice n’est pas aussi évident que cela : d’une part les Chinois restent d’importants épargnants, d’autre part l’augmentation moyenne des revenus reste plombée par la croissances des inégalités sociales et par un chômage qui s’installe avec la crise. Plus que jamais, le gouvernement chinois se voit obligé de renforcer ses outils de régulation socioéconomique afin de créer un climat de confiance chez les classes moyennes et de donner du pouvoir d’achat aux populations les plus modestes. Certains y voient un nouveau « nouveau contrat social » - une version revisitée du « nouveau contrat social de l’ère denguiste - fondé sur une plus grande latitude accordée à la société civile et à l’initiative privée, sur l’affirmation de la notion de qualité de vie et sur la mise en place de véritables politiques sociales. Les villes chinoises deviendront-elles - enfin - des villes apaisées socialement ?


Mutation 4 – L’internationalisation du capital chinois ou comment la Chine s’impose en tant que puissance économique à travers le monde

En tête des pays émergents, la Chine confirme depuis le début des années 2000 sa stratégie d’internationalisation financière. De réceptacle d’IDE, la Chine en devient un émetteur de premier plan. Les multinationales chinoises, comme Lenovo, commencent à jouer dans la cour des grands ; l’Etat chinois a compris le poids que peuvent peser ses fonds souverains ; les stratégies d’entreprises et de gouvernement combinées assurent une très forte présence à l’étranger, comme en Afrique où la Chine s’assure son approvisionnement en matières premières, en particulier le pétrole. Cette présence croissante à travers le monde pousse l’Etat chinois a demander une meilleure représentativité dans les instances économiques et politiques internationales. Les métropoles chinoises sont-elle en train d’attraper le train des « villes mondiales » en devenant de nouveaux points d’impulsion d’activités économiques et financières mondialisées ?

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10 mars 2009

"La ville, laboratoire de la Chine de demain", un dossier de la revue Perspectives chinoises



La revue Perspectives chinoises, du Centre français d'études chinoises à Hong Kong, vient de faire paraître un numéro consacré aux villes chinoises. Voici un extrait de l'éditorial du directeur de la publication, Jean-François Huchet, présentant les différentes contributions :

"L'équipe de rédaction de Perspectives chinoises a décidé de consacrer un dossier spécial aux villes chinoises. Une analyse générale de l’urbanisation proposée par Jean-François Doulet ouvre le dossier. L’auteur observe et décrypte la structuration des villes chinoises via les prismes de l’hypermodernité, de la contestation sociale et de la régulation par l’Etat. L’article de Nicolas Douay examine à travers le cas de Shanghai les évolutions des pratiques de l’urbanisme depuis 1949, en insistant plus particulièrement sur la période récente au cours de laquelle la capitale économique de la Chine a été profondément modifiée. Il s’interroge notamment sur l’émergence d’une nouvelle pratique de l’urbanisme en Chine, plus « harmonieuse », qui donnerait plus de voix aux différents groupes sociaux touchés par les plans de rénovation et d’aménagements urbains. L’article de Ting Xu et de Tim Murphy revient sur les principales étapes de la privatisation de la propriété foncière et de l’immobilier qui constituent des domaines majeurs de la réforme économique et qui restent malheureusement peu étudiés dans la littérature académique. Les auteurs analysent plus particulièrement le développement du marché immobilier sur des zones foncières à cheval entre l’urbain et le rural, phénomène qui pose toute une série de questions sur l’évolution du droit de la propriété privée en Chine ainsi que sur la séparation entre les villes et les campagnes qui est au cœur de la politique chinoise. L’article de Dorothy Solinger présente un état des lieux des réformes visant à instaurer une couverture sociale minimum pour limiter l’impact de la recrudescence de la pauvreté urbaine constatée depuis la fin des années 1990. En s’appuyant sur sa connaissance de l’évolution du système de protection social dans la ville de Wuhan, Dorothy Solinger insiste sur le caractère éminemment politique des réformes, qui visent plus selon elle à limiter les risques d’instabilité sociale qu’à instaurer un système universel garanti par l’Etat similaire à ce qu’ont connu les pays démocratiques depuis 1930. Luigi Tomba s’interroge dans son article sur l’impact politique de la privatisation du secteur résidentiel. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette privatisation a plutôt entraîné une ségrégation accrue entre les communautés sociales urbaines tout en renforçant la légitimité et le discours autoritaire du régime. De son côté, Benjamin Guinot traite dans son article de l’impact de la croissance exponentielle de la population urbaine et des activités industrielles sur la qualité de l’air dans les villes. En s’appuyant sur le cas particulier de Pékin, il montre que les autorités chinoises ont pris conscience de la gravité du problème de la pollution de l’air et mis en place de politiques visant à diminuer les sources de pollution ; mais il insiste également sur les limites importantes de ces mesures face à un modèle de développement économique qui n’évolue que très lentement vers un plus grand respect de l’environnement. Enfin, le dossier conclut avec un article de Piper Gaubatz qui traite de l’émergence de nouveaux espaces publics dans les villes chinoises. L’auteur revient sur la lente disparition d’un espace social cloisonné lié à l’unité de travail socialiste et sur l’apparition de nouveaux lieux comme les galeries commerciales, les parcs, et d’autres, plus éphémères, comme des zones en attente de reconstruction ou les nouveaux moyens de transport et qui donnent naissance à de nouvelle expériences sociales."

Si vous êtes intéressé par l'article "Où vont les villes chinoises ? Trois approches de la métropole dans la Chine d'aujourd'hui" de Jean-François Doulet, envoyez un email à l'adresse suivante : info@villeschinoises.com

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27 janvier 2009

Les écopartenariats entre des villes américaines et chinoises




A l’instar de la France, le gouvernement américain a lancé un programme de coopération dit «volontaire» avec la Chine dans le domaine de l’environnement. Ce programme, mené par le département du Trésor, comprend un volet que l’on pourrait qualifier de coopération décentralisée – pour reprendre la terminologie française – qui vise à unir des villes américaines avec des villes chinoises présentant des problématiques communes en matière de développement durable.

Il existe au total 7 écopartenariats (ecopartnerships) dont 4 relèvent véritablement de la coopération décentralisée :
- Denver (Colorado) avec Chongqing sur les voitures électriques
- Greensburg (Kanzas) et Mianzhu (Sichuan) sur la reconstruction après une catastrophe naturelle
- Le port de Seattle (Washington) et le port de Dalian (Liaoning) sur les ports durables
- Wichita (Kanzas) et Wuxi (Jiangsu) sur les technologies pour le traitement de l’eau et de l’air

Ces rapprochements, initiés rappelons-le par le gouvernement américain dans le cadre des Dialogues de stratégie économiques entre les USA et la Chine il y a quelques mois, n’en sont qu’à leurs balbutiements ; les partenaires ont tout juste fait connaissance et doivent encore apprendre à se connaître. M. Robert Dixson, le maire de Greensburg, que nous avons contacté, a passé une semaine dans la zone du Sichuan dévasté par le séisme ; il a été frappé, à Mianzhu, par les nombreuses initiatives souvent innovantes engagées pour la reconstruction. Il a également été fortement ému par les conséquences de ce désastre qui lui a rappelé celui qui a causé la destruction de sa ville à 95% après le passage d’un ouragan particulièrement violent en mai 2007.

Ces écopartenariats ont pour ambition d’identifier de bonnes pratiques qui pourraient être généralisées : le gouvernement américain se dit prêt en effet à extraire de ces échanges des éléments qui pourraient aider à façonner une politique nationale en matière de développement urbain durable. Pour M. Dixson, qui ressent la forte sensibilité de ses partenaires à la protection de l’environnement, il s’agit de « de se rencontrer et d’avoir un vrai dialogue sur les thématiques du développement durable ». Il attend maintenant l’arrivée d’une délégation de Mianzhu au printemps pour discuter de la façon de profiter de l’opportunité de la reconstruction pour bâtir une « ville verte »…

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